Pluie de taureaux

GRAVURE DE FRANCISCO DE GOYA Y LUCIENTES (1746 -1828) Goya gravure sur cuivre "Pluie de taureaux"gravure sur papier, pluie-de-taureaux-GoyaGoya gravure "Pluie de

Disparate de tontos, Folie d’idiots                 Lluvia de toros, Pluie de taureaux
Plaque de cuivre – 24 x 35 cm                      Dimensions papier : 30 x 43 cm
RMN- GP Photo Agency, Crédits.                Eau-forte, aquatinte et pointe sèche
Musée du Louvre, Paris.                              Musée Goya © Ville de Castres – cliché P.Bru

 

 

La gravure Pluie de taureaux s’intègre dans la série des Disparates, gravée par Francisco Goya entre 1815 et 1824. Disparate provient de l’espagnol et se traduit par absurdité, sottise, déraison, folie, atrocité, monstruosité. Disparates est le titre mentionné par Goya sur ses planches, mais la première édition est nommée de façon plus anodine, Les Proverbes. Le titre de la gravure Lluvia de toros, Disparate de tontos apparait en 1815. L’ épreuve de Pluie de taureaux, La Folie d’idiots conservée à Madrid porte une légende manuscrite de Goya « disparates de toros » ou « disparate de tontos »… Lluvia de toros, Pluie de taureaux, Disparate de Tontos  de Goya fait partie de l’une des  quatre plaques,  magnifiques, en cuivre, offertes au Louvre par La Société des Amis du Louvre en 2011. La pluie, une métaphore dans un ciel de nuit , la chute en diagonale d’un corps  de taureau renversé, en suspension, comme mort, tête à l’envers, le ventre à découvert.  Au centre de la composition  enjambant les corps, un animal puissant aux traits sombres et contrastés flotte à l’horizontal. Son regard égaré de colère exprime sa violence. Autour de lui, dans la confusion des corps enchevêtrés, les queues volent, les pattes écartées découpent cet espace, arène noire d’encre. Le point de vue est frontal, face à nous et au peintre comme situé dans un observatoire aérien de champs de bataille. J’imagine Goya esquissant des croquis de taureaux en mouvement pendant les corridas. Puis dans son atelier, artiste graveur « alchimiste » transformant ces esquisses préparatoires en gravure, combinant l’expressivité du dessin avec la maitrise des techniques sur plaque de cuivre. L’eau-forte,  après l’application délicate d’un vernis succède la vigueur des entailles de pointe sèche et de brunissoir. La plaque est baignée plusieurs fois dans l’acide, les temps d’immersion sont minutés avec précision. L’ aquatinte, Goya l’utilise pour obtenir un fond noir au grain nuancé et mystérieux. La plaque recouverte d’une résine durcie par la chaleur est plongée de nouveau dans l’acide. Les zones de blanc auparavant protégées par un vernis viennent composer un triangle de lumières étranges. Pluie de taureaux  se rapproche de  ce proverbe des Caprices : « Le sommeil de la raison engendre des monstres »,  ici les monstres ne sont pas surréalistes ni fantastiques.  Vision insolite d’une réalité transposée dans un cauchemar, cette gravure est aussi une satire sociale, politique et humaine. Comme dans les désastres de la guerre, intitulés, paradoxalement « Cela ne se peut regarder»,  Goya donne à voir une énigme et il nous  invite, face à un monde brutal,  absurde,  insensé, à regarder au delà du visible.
Sources : La réunion des musées nationaux – Le musée du Louvre – La Société des Amis du Louvre – Le musée Goya,  Castres – Le musée du Prado, Madrid – La tribune de l’art -

www.musees-midi-pyrenees.fr et www.ville-castres.fr

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