Picassiette

La maison Picassiette n’est pas à vendre


Marcel Brion, de l’académie française écrivait en 1970, en guise d’introduction à l’encyclopédie les muses, commercialisée sous forme de fascicules hebdomadaires pouvant être réunis par douze en quinze volumes similicuir vert et or :
« L’art pour tout le monde, cela signifie la faculté donnée à tout homme, travailleur manuel, ou intellectuel de carrière, d’éprouver chez soi, à l’heure souhaitée, les joies de la contemplation d’un tableau, d’une sculpture, d’un beau monument : tout cela reproduit avec ses couleurs exactes, grâce aux procédés les plus nouveaux. »

Raymond Isidore (1900-1964), d’abord mouleur dans une fonderie de Chartres, tour à tour ouvrier ou cantonnier, des travaux et des lapins pour  nourrir sa famille. 1930, un bout de terrain, une maisonnette de briques et de parpaings , 22 rue du repos à coté du cimetière. Chez lui, après le boulot il construit à l’aide de matériaux trouvés dans la décharge, des mosaïques, des fresques et des sculptures. Petit à petit, la maison et le jardin se recouvrent entièrement de ses rêves. Tout y passe, même la machine à coudre et les chaises du salon, sa femme ne le contrarie pas. Il aime les fleurs, la religion, les paysages de carte postale : le Taj Mahal, Sainte Sophie et Notre-Dame, le bleu de Chartres et la Joconde.  Il crée pendant trente-quatre ans une encyclopédie unique et personnelle. Son pavillon du quartier Saint Chéron est aujourd’hui un rocher indestructible et multicolore.
http://www.chartres.fr/culture/arts-et-spectacles/maison-picassiette/

À noter : actuellement, les muses se vendent à moins de 3 euros le volume, sur Internet.