Coups de coeurs

Tous les évènements et expositions qui nous ont plu.

Biennale de l’estampe à Saint-Maur

M.Canchari Maca'n "Traces I" L.Garreaud de Mainvilliers "Suture II" P.Delekta "Following sign" G. Amerlinck "Gueule cassée IV" L.Garreaud de Mainvilliers "Suture II" (détail) P.Delekta "Following sign" (détail) G. Amerlinck "Gueule cassée IV" (détail) R. Zamboni "Bel paese VI"(détail) R. Zamboni "Bel paese VI"

Le thème de cette 7ème édition : « Traces ».
Chaque artiste sélectionné présente deux œuvres. Chacun son imaginaire, chacun sa technique. Des traces sur le corps de Georges Amerlinck (monotype et vernis mou) aux traces que nous laissons de manière irréversible de Joaquin Bolivar (collagraphie et xylographie) en passant par nos traces fugitives de Lene Bennike (photogravure), chaque œuvre est un « monde ». A nous de les explorer.
On rêve devant « poisson fumé » de Guy Braun, on devient fourmi devant « Following sign » de Pawel Delekta et on est aspiré par « Suture II » de Léon Garreaud de Mainvilliers.
(Jusqu’au 24 janvier 2016)

Pluie de taureaux

GRAVURE DE FRANCISCO DE GOYA Y LUCIENTES (1746 -1828) Goya gravure sur cuivre "Pluie de taureaux"gravure sur papier, pluie-de-taureaux-GoyaGoya gravure "Pluie de

Disparate de tontos, Folie d’idiots                 Lluvia de toros, Pluie de taureaux
Plaque de cuivre – 24 x 35 cm                      Dimensions papier : 30 x 43 cm
RMN- GP Photo Agency, Crédits.                Eau-forte, aquatinte et pointe sèche
Musée du Louvre, Paris.                              Musée Goya © Ville de Castres – cliché P.Bru

 

 

La gravure Pluie de taureaux s’intègre dans la série des Disparates, gravée par Francisco Goya entre 1815 et 1824. Disparate provient de l’espagnol et se traduit par absurdité, sottise, déraison, folie, atrocité, monstruosité. Disparates est le titre mentionné par Goya sur ses planches, mais la première édition est nommée de façon plus anodine, Les Proverbes. Le titre de la gravure Lluvia de toros, Disparate de tontos apparait en 1815. L’ épreuve de Pluie de taureaux, La Folie d’idiots conservée à Madrid porte une légende manuscrite de Goya « disparates de toros » ou « disparate de tontos »… Lluvia de toros, Pluie de taureaux, Disparate de Tontos  de Goya fait partie de l’une des  quatre plaques,  magnifiques, en cuivre, offertes au Louvre par La Société des Amis du Louvre en 2011. La pluie, une métaphore dans un ciel de nuit , la chute en diagonale d’un corps  de taureau renversé, en suspension, comme mort, tête à l’envers, le ventre à découvert.  Au centre de la composition  enjambant les corps, un animal puissant aux traits sombres et contrastés flotte à l’horizontal. Son regard égaré de colère exprime sa violence. Autour de lui, dans la confusion des corps enchevêtrés, les queues volent, les pattes écartées découpent cet espace, arène noire d’encre. Le point de vue est frontal, face à nous et au peintre comme situé dans un observatoire aérien de champs de bataille. J’imagine Goya esquissant des croquis de taureaux en mouvement pendant les corridas. Puis dans son atelier, artiste graveur « alchimiste » transformant ces esquisses préparatoires en gravure, combinant l’expressivité du dessin avec la maitrise des techniques sur plaque de cuivre. L’eau-forte,  après l’application délicate d’un vernis succède la vigueur des entailles de pointe sèche et de brunissoir. La plaque est baignée plusieurs fois dans l’acide, les temps d’immersion sont minutés avec précision. L’ aquatinte, Goya l’utilise pour obtenir un fond noir au grain nuancé et mystérieux. La plaque recouverte d’une résine durcie par la chaleur est plongée de nouveau dans l’acide. Les zones de blanc auparavant protégées par un vernis viennent composer un triangle de lumières étranges. Pluie de taureaux  se rapproche de  ce proverbe des Caprices : « Le sommeil de la raison engendre des monstres »,  ici les monstres ne sont pas surréalistes ni fantastiques.  Vision insolite d’une réalité transposée dans un cauchemar, cette gravure est aussi une satire sociale, politique et humaine. Comme dans les désastres de la guerre, intitulés, paradoxalement « Cela ne se peut regarder»,  Goya donne à voir une énigme et il nous  invite, face à un monde brutal,  absurde,  insensé, à regarder au delà du visible.
Sources : La réunion des musées nationaux – Le musée du Louvre – La Société des Amis du Louvre – Le musée Goya,  Castres – Le musée du Prado, Madrid – La tribune de l’art -

www.musees-midi-pyrenees.fr et www.ville-castres.fr

« Balli di Sfessania » de Jacques Callot

 

Jacques Callot 1 Jacques Callot 4 Jacques Callot 5 Jacques Callot 9 Jacques Callot 10 Jacques Callot 12 Jacques Callot 14 Jacques Callot 19 Jacques Callot 21

La série des 24 eaux-fortes de Jacques Callot intitulée « Balli di Sfessania » peut se voir actuellement dans le cadre de l’exposition «Masques, mascarades, mascarons» au Louvre.
Cette exposition du musée du Louvre regroupe toutes sortes d’œuvres (sculptures, gravures, dessins, peintures, photographies) de différentes époques.
Les planches de « Balli di sfessania » nous montrent les personnages de la Commedia dell’ Arte.
Ces gravures ont été réalisées par Callot après son retour de Florence, où il séjourna 7 années.
Chaque planche présente au premier-plan deux acteurs masqués qui se font face dans un décor ouvert, hors d’une scène de théâtre. Leurs attitudes sont souvent exagérées, presque contorsionnées. Au deuxième plan, le reste de la troupe paraît évoluer comme en répétition. A l’arrière-plan, un paysage architecturé, à peine mordu, renforce la profondeur de la scène.
Chaque planche nous ouvre un petit monde sur 7×9,5 cm, tout en finesse.

Festival de danse de Torcy

festival de danse


 

A l’initiative de l’association « Entrer dans la danse » le festival de danse à l’école est monté pour la 12ème année consécutive. Il est l’aboutissement d’un travail de partenariat entre artistes, enseignants et la municipalité de Torcy pour construire un espace créatif en danse.

Le festival se déroulera à l’Espace Lino Ventura  à Torcy 77200 le 5, 6 et 7 juin 2014. Entréé libre  le samedi 7 juin de 14h à 20h00.

Art Foundation Lê Ba Dang à Hué (Viet Nam)

Le Ba Dang6Le Ba Dang5Le Ba Dang4
Le Ba Dang2Le Ba Dang1Le Ba Dang3

C’est la pluie qui m’a fait découvrir Lê Ba Dang à Hué. En me mettant à l’abri à la Fondation d’Art qu’il a ouverte en 2006. C’est un artiste aux multiples facettes que j’ai découvert. Cet artiste méconnu en France et pourtant reconnu internationalement est l’auteur d’une œuvre riche et passionnante.

Lê Ba Dang est natif de Hué au centre Vietnam. Mais c’est en France qu’il a fait ses études. En 1940, avec 19 750 autres Vietnamiens, l’artiste a fait partie des linh tho ( » travailleurs soldats « ), ouvriers  » indigènes  » réquisitionnés par l’État français au début de la Seconde Guerre mondiale. En 1948, après maintes tribulations, Lê Ba Dang sort diplômé de l’école des Beaux-arts de Toulouse.

Lê Ba Dang porte en lui deux cultures. L’orientale de ses racines, à laquelle il fait toujours référence, et l’occidentale.

« Je suis un homme qui vit du rêve de son paradis perdu. Toute mon œuvre d’artiste n’est que le reflet de cet amour à mille facettes. C’est dans mon pays d’enfance que j’ai appris à découvrir et à aimer l’éternelle jeunesse du monde. Ce que je traduis dans mon langage de plasticien, c’est le cycle éternel de la lumière et de la vie, dans les choses, autour des choses, au-dessus des choses, au-delà des choses » Lê Ba Dang

Mathieu Pernot, La Traversée

PrisonsTsiganes Tsiganes

L’exposition du Jeu de Paume « La Traversée » propose, du 11 février au 18 mai 2014, de (re)découvrir le travail du photographe Mathieu Pernot et présente une sélection de séries réalisées par l’artiste au cours des vingt dernières années.

L’artiste procède soit par la réalisation de séries – parfois en résonance entre elles à travers personnages, chronologies ou thèmes –, soit par la rencontre avec des images d’archives. Séries sur les cours de prison,   démolitions de barres d’immeubles ou tziganes en lien avec des témoignages audios très émouvants, …

Cette traversée prend la forme d’une aventure faite de rencontres avec des gens, des situations et des objets, qui le conduisent à une mise en question permanente de notre rapport au monde et de ses représentations.

Picassiette

La maison Picassiette n’est pas à vendre


Marcel Brion, de l’académie française écrivait en 1970, en guise d’introduction à l’encyclopédie les muses, commercialisée sous forme de fascicules hebdomadaires pouvant être réunis par douze en quinze volumes similicuir vert et or :
« L’art pour tout le monde, cela signifie la faculté donnée à tout homme, travailleur manuel, ou intellectuel de carrière, d’éprouver chez soi, à l’heure souhaitée, les joies de la contemplation d’un tableau, d’une sculpture, d’un beau monument : tout cela reproduit avec ses couleurs exactes, grâce aux procédés les plus nouveaux. »

Raymond Isidore (1900-1964), d’abord mouleur dans une fonderie de Chartres, tour à tour ouvrier ou cantonnier, des travaux et des lapins pour  nourrir sa famille. 1930, un bout de terrain, une maisonnette de briques et de parpaings , 22 rue du repos à coté du cimetière. Chez lui, après le boulot il construit à l’aide de matériaux trouvés dans la décharge, des mosaïques, des fresques et des sculptures. Petit à petit, la maison et le jardin se recouvrent entièrement de ses rêves. Tout y passe, même la machine à coudre et les chaises du salon, sa femme ne le contrarie pas. Il aime les fleurs, la religion, les paysages de carte postale : le Taj Mahal, Sainte Sophie et Notre-Dame, le bleu de Chartres et la Joconde.  Il crée pendant trente-quatre ans une encyclopédie unique et personnelle. Son pavillon du quartier Saint Chéron est aujourd’hui un rocher indestructible et multicolore.
http://www.chartres.fr/culture/arts-et-spectacles/maison-picassiette/

À noter : actuellement, les muses se vendent à moins de 3 euros le volume, sur Internet.