Tous les articles par Véronique Godard

Biennale de l’estampe à Saint-Maur

M.Canchari Maca'n "Traces I" L.Garreaud de Mainvilliers "Suture II" P.Delekta "Following sign" G. Amerlinck "Gueule cassée IV" L.Garreaud de Mainvilliers "Suture II" (détail) P.Delekta "Following sign" (détail) G. Amerlinck "Gueule cassée IV" (détail) R. Zamboni "Bel paese VI"(détail) R. Zamboni "Bel paese VI"

Le thème de cette 7ème édition : « Traces ».
Chaque artiste sélectionné présente deux œuvres. Chacun son imaginaire, chacun sa technique. Des traces sur le corps de Georges Amerlinck (monotype et vernis mou) aux traces que nous laissons de manière irréversible de Joaquin Bolivar (collagraphie et xylographie) en passant par nos traces fugitives de Lene Bennike (photogravure), chaque œuvre est un « monde ». A nous de les explorer.
On rêve devant « poisson fumé » de Guy Braun, on devient fourmi devant « Following sign » de Pawel Delekta et on est aspiré par « Suture II » de Léon Garreaud de Mainvilliers.
(Jusqu’au 24 janvier 2016)

Du sel dans les feuillages

gravure au sel 1gravure au sel 2gravure au sel 3

Pour obtenir cet effet, j’ai utilisé la technique de « gravure au sel ».
Aussitôt passé le vernis sur la plaque, on saupoudre les endroits choisis avec du sel, ici du gros sel.
Là où s’est posé un grain de sel, le vernis se rétracte.
Lorsque le vernis est bien sec, on passe la plaque sous l’eau pour faire fondre le sel qui a « absorbé » le vernis.
On fait mordre la plaque dans l’acide. Après vérification avec une épreuve d’état, on recommence l’opération si on veut obtenir une plus grande densité de matière.
En faisant varier les temps de morsures, on obtient des dégradés dans le feuillage.

« Balli di Sfessania » de Jacques Callot

 

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La série des 24 eaux-fortes de Jacques Callot intitulée « Balli di Sfessania » peut se voir actuellement dans le cadre de l’exposition «Masques, mascarades, mascarons» au Louvre.
Cette exposition du musée du Louvre regroupe toutes sortes d’œuvres (sculptures, gravures, dessins, peintures, photographies) de différentes époques.
Les planches de « Balli di sfessania » nous montrent les personnages de la Commedia dell’ Arte.
Ces gravures ont été réalisées par Callot après son retour de Florence, où il séjourna 7 années.
Chaque planche présente au premier-plan deux acteurs masqués qui se font face dans un décor ouvert, hors d’une scène de théâtre. Leurs attitudes sont souvent exagérées, presque contorsionnées. Au deuxième plan, le reste de la troupe paraît évoluer comme en répétition. A l’arrière-plan, un paysage architecturé, à peine mordu, renforce la profondeur de la scène.
Chaque planche nous ouvre un petit monde sur 7×9,5 cm, tout en finesse.

Art Foundation Lê Ba Dang à Hué (Viet Nam)

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C’est la pluie qui m’a fait découvrir Lê Ba Dang à Hué. En me mettant à l’abri à la Fondation d’Art qu’il a ouverte en 2006. C’est un artiste aux multiples facettes que j’ai découvert. Cet artiste méconnu en France et pourtant reconnu internationalement est l’auteur d’une œuvre riche et passionnante.

Lê Ba Dang est natif de Hué au centre Vietnam. Mais c’est en France qu’il a fait ses études. En 1940, avec 19 750 autres Vietnamiens, l’artiste a fait partie des linh tho ( » travailleurs soldats « ), ouvriers  » indigènes  » réquisitionnés par l’État français au début de la Seconde Guerre mondiale. En 1948, après maintes tribulations, Lê Ba Dang sort diplômé de l’école des Beaux-arts de Toulouse.

Lê Ba Dang porte en lui deux cultures. L’orientale de ses racines, à laquelle il fait toujours référence, et l’occidentale.

« Je suis un homme qui vit du rêve de son paradis perdu. Toute mon œuvre d’artiste n’est que le reflet de cet amour à mille facettes. C’est dans mon pays d’enfance que j’ai appris à découvrir et à aimer l’éternelle jeunesse du monde. Ce que je traduis dans mon langage de plasticien, c’est le cycle éternel de la lumière et de la vie, dans les choses, autour des choses, au-dessus des choses, au-delà des choses » Lê Ba Dang

Mathieu Pernot, La Traversée

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L’exposition du Jeu de Paume « La Traversée » propose, du 11 février au 18 mai 2014, de (re)découvrir le travail du photographe Mathieu Pernot et présente une sélection de séries réalisées par l’artiste au cours des vingt dernières années.

L’artiste procède soit par la réalisation de séries – parfois en résonance entre elles à travers personnages, chronologies ou thèmes –, soit par la rencontre avec des images d’archives. Séries sur les cours de prison,   démolitions de barres d’immeubles ou tziganes en lien avec des témoignages audios très émouvants, …

Cette traversée prend la forme d’une aventure faite de rencontres avec des gens, des situations et des objets, qui le conduisent à une mise en question permanente de notre rapport au monde et de ses représentations.